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jeudi 9 avril 2020

Le français de François Legault

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, une connaissance s'exprimait sur le travail du premier ministre François Legault durant la crise du coronavirus. Entre éloges et mots d'admiration, il  soulignait une faute langagière répétée par le politicien lors des points de presse quotidiens.  Trop souvent, M. Legault emploie la locution fautive ce qu'on a besoin, plutôt que celle correcte ce dont on a besoin. Bien qu'elle n'empêche pas les troupes de livrer la marchandise, cette faute peut devenir agaçante lorsqu'entendue tous les jours. Quelques minutes après sa publication, le billet de mon ami suscitait déjà des commentaires. C'était noir ou blanc, environ la moitié des internautes était d'accord avec lui, l'autre pas du tout. En voici un : « Pertinent. Mais là, c'est pas le bon moment. »

Je n'ai pas écouté/visionné un seul point de presse depuis le début de la crise du coronavirus. C'est que je préfère lire les actualités plutôt que d'avoir mes yeux sur un écran. Et, je ne vous le cacherai pas, j'essaie d'éviter l'énervement que produit chez moi le français de la plupart de nos dirigeants, mais là je digresse. En lisant le commentaire de l'internaute, je me suis posé la question suivante : quel serait le bon moment pour informer Monsieur Legault de sa faute de français? À bien y penser, il n'y en a pas. Le bon moment, il faut le créer, le bricoler, le forcer même s'il veut prendre racine. Généralement, ceux qui attendent le bon moment finissent par ne rien faire, et lorsqu'ils décident d'agir, il est souvent trop tard.

Être un proche de notre premier ministre, je lui soulignerais, courtoisement, franchement, la faute de français qu'il commet sans le savoir devant des centaines de milliers de téléspectateurs et d'internautes. Il se montrerait reconnaissant, j'en suis sûr,  notamment parce qu'il s'agit moins d'une critique que du partage d'un savoir, mais aussi parce que l'enrichissement des connaissances, spécialement dans le domaine du langage, ne fragilise pas mais rend plus fort. À moins d'avoir affaire à un con. Au reste, M. Legault peut-être contrit qu'on ne lui ait pas mentionné cette faute plus tôt. 

Nos meilleurs dirigeants se sont toujours exprimés dans un français impeccable. René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard. Et pourquoi pas M. François Legault?

lundi 3 février 2020

Borges et Manguel, encore

[…] il se disait lecteur avant tout et c’étaient les livres des autres qu’il voulait autour de lui. "On lit ce qu’on aime, disait-il, tandis qu’on n’écrit pas ce qu’on aimerait écrire, mais ce qu’on est capable d’écrire." 
*
Même lorsqu’il lisait des livres traitant de religion ou de philosophie, ce qui l’intéressait, c’était la voix littéraire qui, pour Borges, devait toujours être individuelle, jamais nationale, jamais celle d’un groupe ou d’une école de pensée. Il rappelait Valéry, qui aspirait à une littérature sans dates, sans noms, sans nationalités, dans laquelle tous les écrits seraient perçus comme des créations d’un même esprit, l’Esprit saint. "À l’université, on n’étudie pas la littérature, protestait-il. On étudie l’histoire de la littérature."
Chez Borges. Alberto Manguel

vendredi 24 janvier 2020

Alberto Manguel et son Chez Borges


On sait que Borges était aveugle. Comme Bach, Haendel, Monet, Lennie Tristano et tant d'autres. Souffrant de cécité dès la trentaine, il perdait complètement la vue vers la mi-cinquantaine (il est mort en 1986, à 86 ans).  On sait aussi que plusieurs personnes lui ont fait la lecture (dont Alberto Manguel), à son appartement de Buenos Aires qu’il partageait avec sa mère. Du bref récit-essai Chez Borges, le lecteur en tirera des considérations amusantes et essentielles sur l’art borgesien : sa fascination pour le miroir, le labyrinthe, sa timidité dont la revanche fut, la maturité acquise, une aisance superbe en entrevue et lors des nombreuses conférences qu’il donna dans le monde. 
Que vous soyez un lecteur lent ou rapide (ou mi-lent, mi-rapide comme moi), Chez Borges se lit en une heure ou moins. Néanmoins, il suivra le lecteur après l’avoir refermé par son illustration nette et clairsemée de la vie d’un homme dont l'existence, sans être publique a fortiori, irradiait le monde comme le contre-jour, moins au service des livres que de l’imagination, des gens que des rencontres, des mots que du rêve. Entre deux airs de milongas, Manguel note : « Son univers était entièrement verbal; musique, couleurs et formes n’y entraient guère. » 

J’ai lu Fictions il y a plusieurs années. Aujourd’hui me prend l’envie de le relire, deux fois plutôt qu’une : en français d'abord, puis en espagnol, dans mon édition en grand format coincée dans ma bibliothèque entre Cervantes, Bolaño et Isabel Allende.
Plus que tout, j’aime Borges parce qu’il est libre. Bon, assez dit, je m’en vais me coucher, mais pas avant d’avoir partagé une dernière perle : « Je ne prenais pas de notes parce que, ces soirs-là, je me sentais trop comblé. »

dimanche 5 janvier 2020

Excision

Nul besoin d’excuses, nul besoin de se justifier car tout concourt finalement à la gestion des avoirs et des êtres, dans l’ordre ou le désordre. De l’équation de toute fatalité on peut toujours exclure la chute, si imminente en ce que c’est une chose humaine. J’écris comme je me cherche, et le fait de trouver un soupçon d’âme dans des situations alambiquées — comment apprendre à vivre sans ruminer les longues conspirations qui nous arrachent de l’écriture et de la musique — me confirme que je suis loin d’avoir compris qui je suis vraiment. À bout portant, je cherche dans l’écriture ce que la musique me donne : la grâce d’un ici maintenant, l’unité intérieure galvanisée, la joie du donner et recevoir simultanément. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, parce que l’écriture malmène les rivages comme un pur sang le cavalier trop orgueilleux pour pleurer quand il chute. Pendant ce temps le cheval, silencieux parce qu'il a tout compris, devient arbre et forêt. Sa lucidité rejoint celle du monde. Il devient femme.

Ce paragraphe est une façon de m’unir au sort des vivants, dont la majorité croit dur comme fer que la vie est surtout une affaire de survivance, c’est pour quoi cette même majorité incarne chaque jour une forme abstraite de la punition, fruit de ses hésitations les plus pénitentes.

mercredi 17 juillet 2019

Réflexions autonomes aux heures de café

À la fin du précédent millénaire, j'ai écrit une chanson intitulée Peux-tu me dire, dont le pont va comme suit : Loin d'un envol mais si près d'une étoile / J'ai besoin de ces gens mais pas de leur dédale / J'irai là où on recueillera dans l'explicite / Une moisson ruisselante de la plus grande musique 


On pourra me reprocher mon romantisme exacerbé, ou mon idéalisme soucieux d'unir création, solitude, amitié et humanité. Avant l'heure des premiers combats, avant la reconnaissance des grandes éraflures, cette chanson me confirmait que la contradiction chez l'humain est un fondamental des enjeux de la création. L'écriture ou la vie, interrogeait le philosophe, ce sont là des problématiques inextinguibles. Dans tous les cas, il est mieux de privilégier l'action, incidence d'un esprit de rayonnement.


On ne plonge dans l'écriture qu'à la seule condition qu'on vous fiche la paix. Trouver l'espace où la concentration rencontre sa vitesse de croisière. Le café où j'écris — que j'appelle affectueusement mon « bureau » — me dérobe au secrétaire dans mon appartement, lequel est si souvent couvert de livres que je finis par céder à la tentation de l'ailleurs, cet ailleurs où l'on prépare du bon café. Au reste, l'écriture c'est aussi une façon de (mieux) douter. John Maxwell Coetzee en fait l'apologie, à sa manière : « Savoir ce qu'on veut [...], cela veut dire la mort de l'étincelle de création. » (in Vers l'âge d'homme) 

lundi 6 mai 2019

Le pianiste Jean-Philippe ou l'art de la décontraction

Peu de musiciens aujourd'hui peuvent être considérés comme l'incarnation d'une sorte « vérité française » musicale. De ces rares élus, le pianiste Jean-Philippe Collard fait partie. Actuellement artiste en résidence à l'OSM, le pianiste donnait ses deux concerts à la Maison symphonique de Montréal la semaine dernière — l'un avec orchestre, l'autre en récital. Le premier figurait Concerto pour piano en sol de Ravel et Oiseaux exotiques de Messiaen, le second (auquel j'ai eu le privilège d'assister) des oeuvres de Fauré et de Chopin, deux effigies de la musique pour piano... et de la France; on sait que Chopin, qui naquit en Pologne, immigra à Paris à l'âge de 20 ans, où il mourut en 1849.  

Le jeu de Jean-Philippe Collard trahit une expressivité d'une sobriété de gentleman. Assis loin du piano, il touche l'instrument avec cette finesse qu'ont les hommes minces, lesquels soucieux de menus détails éprouvent plus profondément les choses. Dans Fauré, il resplendit une amplitude sonore sans tapage, à la façon des premières eaux ruisselantes à l'aube. Doté d'un pianisme naturel rare, il adjoint à la respiration musicale un sens de la nuance qui est l'apanage de quelques grands maîtres : Artur Rubinstein, Radu Lupu, Shura Cherkassky. 

Aux premières mesures du Nocturne no 4 op 36 de Fauré (qui ouvrait le concert), on sent que le pianiste, loin de toute consensualité, s'adresse aux oreilles et aux coeurs les plus avertis. Dans sa version pour piano seul, la Ballade op. 19, pièce d'une quinzaine de minutes à l'étoffe d'un immense nocturne, non seulement démontrait l'habileté de Collard à raconter une histoire, mais aussi donnait l'impression que des cordes, parfois frottées, parfois pincées, emplissaient la pâte sonore.

Une carrière de plus de 50 ans, avec plus de 50 disques à son actif, témoigne du métier d'un musicien dont la présence sur scène a quelque chose d'inoubliable. Grand de taille et filiforme, il se lève aux applaudissements, marche sur la scène d'un pas délicieusement farouche scène, salue la foule, lui sourit, avec une main dans la poche de son veston boutonné. De le voir déambuler avec autant de finesse ajoute à l'enchantement. De ces gestes se dégage une désinvolture poétique, où la question de l'élégance suggère une énigme dont la réponse ne se trouvera pas dans la musique, mais dans la vie. 


Le Nocturne no 1 de Fauré, interprété par J.-P. Collard

Après l'entracte, les deux morceaux les plus virtuoses du concert, soit la Sonate no 2 en si bémol mineur op. 35 et la Ballade no 4 en fa mineur op. 52 de Chopin. La Ballade no 4 paraissait sous ses doigts comme un morceau plus facile qu'il ne l'est en réalité, alors que le pianiste en délivrait la légende et le foisonnement ancestral. Néanmoins, et j'avance ici subjectivement, c'est à la Sonate op. 35 que revient la palme du moment le plus éblouissant du concert. De cette oeuvre, Collard a su tirer l'acier le plus pur et le coton le plus riche. Le deuxième mouvement marqué Scherzo, avec sa partie médiane marquée più lento, restera pour moi inoubliable. Et le célèbre troisième mouvement Marche funèbre nous aspirait en une extase lente et vigoureuse. Enfin, l'étrange et venteux dernier mouvement, dont Schumann écrivait qu'il « n'est pas de la musique », concluait un concert qui m'habite encore cinq jours après y avoir assisté. En rappel, le pianiste français interprétait la crépusculaire Mazurka en la mineur op. 17 no 4 de Chopin.

Jean-Philippe Collard à la Maison symphonique

1er mai 2019

Fauré (1845-1924)

Nocturne no 3 en mi bémol majeur op. 36
Impromptu no 2 en fa mineur op. 31
Nocturne no 6 en ré bémol majeur op. 63
Ballade op. 19 
Nocturne no 13 en si mineur

Chopin (1810-1849)

Sonate no 2 en si bémol mineur op. 35
Ballade no 4 en fa mineur op. 52

lundi 29 avril 2019

Siri Hustvedt, Milan Kundera ou le printemps en éveil

Ces dernières semaines, mon besoin de lire surplombe — peut-être plus que jamais — mes ambitions professionnelles et créatrices, ensemble et séparément. Depuis quelques jours, Siri Hustvedt est ma meilleure amie. Sa manière de dire est loin de tout tapage et de toute provocation, ce qui constitue un tour de force en ces temps où nombreux sont ceux qui croient qu'ils seront mieux entendus s'ils font plus de bruit. Plus proche de la Terre, de notre quotidien et de nos projets, la pensée de l'auteure  devient naturellement accessible. Sa réflexion, plus diurne que nocturne, exhorte l'action plus que la contemplation (et c'est loin d'être un reproche). Comme Chopin, Mozart et peut-être aussi Virginia Woolf, Hustvedt ne saurait — même en s'y appliquant — faire dans la vulgarité. 



Kundera fait également partie de mes lectures récentes (L'art du roman, Les testaments trahis). Bien que souvent brillant, il me fatigue par un certain narcissisme paré à une idéologie politique à la sauce révolutionnaire. Ce n’est pas un mauvais bougre, mais il fait partie de ces hommes dont le caractère et l'humour travaillent au détriment parfois de la littérature... et de la Femme. Sa pensée, elle aussi, s'apparente plus au jour qu'à la nuit.



Plaidoyer pour Eros (Babel, Actes Sud) 

Siri Hustvedt 

Les testaments trahis, L'art du roman (Folio, Gallimard) 

Milan Kundera

jeudi 27 décembre 2018

Le droit de marcher seul

Il m’étonnera toujours de voir deux personnes marcher ensemble vers une destination qui les séparera. L'écrivain John Irving déclara un jour qu’après l’école il avait besoin de marcher seul jusqu’à la maison. En tous lieux, j’aime à préserver mon droit à la solitude, à la marche en solitaire au retour chez soi. 

L'historien Antoine de Baecque en parle en beauté, en clarté. 

La déambulation pédestre implique donc une écriture. On pense en marchant ; marcher fait penser puis, parfois, écrire, notamment sur... la marche. Ce cercle peut donner une structure, sa forme même à l'écriture, autant que son sujet, lui offrant un tempo, une texture, une direction.   
(in Une histoire de la marche, 2016, ed. Perrin)


George Sand racontait que les idées musicales venaient souvent à Chopin en marchant, s'empressait-il alors de regagner la maison et de s'assoir au piano. Il m'a toujours semblé que ses mazurkas évoquaient une promenade, seul ou en groupe.


À 18 ans, j'ai déniché mon permis de conduire et me suis acheté une voiture. Je prenais le volant chaque jour, sans exception, découvrant mon amour de la liberté, de l'autonomie tous azimuts. En outre, le mélomane en moi s'en réjouit, l'habitacle du véhicule figure potentiellement parmi les meilleures salles de concert au monde. 

À 28 ans, je débarquais à Montréal, me débarrassais de ma voiture. Ma première révélation était de marcher dans la ville, ma première épiphanie celle de regarder les gens, de leur parler directement. L'âme gonflée de  marcher enfin à ma vitesse. 

La marche m'a révélé au rythme du monde, à la pensée.  

dimanche 23 décembre 2018

Blanchot envers le lecteur de Kafka


En écrivant ses billets, le blogueur rédige avec le sentiment qu'il sera lu promptement. Ce sentiment — agréable, avouons-le — est parfois accompagné d'une impudence qui lui  permet d'éviter les billets convenus qui ne  « dérangent » personne. Je hasarde une explication : les meilleurs textes seraient-ils ceux qui ne sont pas destinés au lecteur? Sinon à qui? Écrire pour être lu, c'est déjà s'y prendre de la mauvaise manière, je pense. 

C'est ce qu'explicite Maurice Blanchot dans De Kafka à Kafka : «  Car le lecteur ne veut pas d'une oeuvre écrite pour lui, il veut justement une oeuvre étrangère où il découvre quelque chose d'inconnu, une réalité différente, un esprit séparé qui puisse le transformer et qu'il puisse transformer en soi. L'auteur qui écrit précisément pour un public, à la vérité, n'écrit pas : c'est ce public qui écrit et, pour cette raison, ce public ne peut plus être lecteur [...]. De là, l'insignifiance des oeuvres faites pour être lues, personne ne les lit. » 


Mes plongées dans le bathyscaphe Blanchot m'amènent à une solitude proche de la mélancolie; une mélancolie sans nostalgie et néanmoins inquiétante en ce qu'elle reconnait que notre pensée va bringuebalant entre le connu (si parcimonieux) et l'inconnu (pléthorique). J'ose une analogie vers la musique : plus près de Schumann que de Chopin, la mélancolie de Blanchot marcherait à côté du silence plutôt qu'avec lui, d'où sa lucidité s'élevant jusqu'au désastre et la lumière.         


* 

Cette semaine, je m'entretenais avec le poète Bertrand Laverdure, à qui je déclarais que je déteste le bruit et l'attention, que ma désaffection pour eux me convainquait, en 2010, de cesser de me produire sur scène. Les applaudissements du public faisant office de récompense, celle-ci m'amputait de l'énergie nécessaire à la création de nouveaux chemins, de nouvelles oeuvres. « Je ne suis pas un showman, lui soufflai-je, je préfère travailler seul, dans l'ombre, comme un moine ». Mon attention vers le public m'a toujours engagé à lui donner de quoi rire et pleurer, ou si l'on veut à reformer mon âme selon ses nécessités. Non, pas cela! — pas sur une scène en tous cas.






De Kafka à Kafka
Maurice Blanchot
ed. Folio (Gallimard) 

vendredi 21 décembre 2018

L'art de la conversation, de la joie

Lorsqu'il y a consentement, la vue de la sensualité dans une amitié ensorcelle comme la première nuit sous les étoiles. Je crois qu'il n'y a pas plus belle amitié que celle où le dialogue se fond à la sensualité : les voix, les regards, les silences, les mains, les repas partagés. Au reste, une conversation intelligente est une chose sensuelle, voire érotique (dixit Alice Ferney). 


Ce qu'en dit Ingmar Bergman, dans son autobiographie Laterna Magica. 


L’amitié, comme l’amour, a la vue perçante. L’essence de l’amitié est faite de franchise, d’amour de la vérité. Quelle délivrance quand on voit le visage de son ami ou qu’on entend sa voix au téléphone et qu’on peut lui exprimer ce qui nous coûte le plus, ce qui nous tient le plus à cœur. Ou entendre un ami vous avouer lui-même. Souvent l’amitié a un côté sensuel. La silhouette de l’ami, son visage, ses lèvres, sa voix, ses gestes, ses intonations sont gravés dans ta conscience et c’est un code secret qui t’ouvre à moi dans la confiance et la communion de pensée. 


Par ces mots, le réalisateur suédois entendait-il seulement amitié entre gens de même sexe?  Involontairement peut-être, Bergman y jette les bases de la relation amoureuse exemplaire.

On le sait, lire est une conversation entre le livre (l'auteur) et le lecteur. Sur la lecture, Proust écrivit qu'elle est une amitié. La conversation serait-elle art de l'amitié?

Ce qui manque aux amitiés, aux amours, aux familles, c'est l'art de la conversation. 


mercredi 19 décembre 2018

Devenir un grand écrivain

À 30 ans, j'écrivais dans un courriel à A., mon premier mentor, qu'à 40 ans j'aimerais être un grand écrivain. Il me répondit : « Tu le seras certainement, Claudio, mais sache que si tu veux atteindre ton objectif, tu dois être persuadé, dès maintenant, que tu es un grand écrivain. » 

*

Le 6 novembre dernier, j'ai rêvé que mes parents mouraient. Mon père décédait le premier, suivi de ma mère quelques jours plus tard. Tous deux avaient trépassé à la maison de ma grande soeur, entourés de mes frères et soeurs. La mort de mon père m'affectait relativement, celle de ma mère terriblement, profondément. À chaque instant, je pleurais qu'elle ne soit plus avec nous, et je pensais à ce qu'il me faudra beaucoup de temps pour ne plus éprouver de tristesse. Dans les pires moments, je me disais : je ne m'y ferai jamais.  



dimanche 2 décembre 2018

Le pianiste Philippe Prud'homme à Montréal le 5 décembre

(Photo : Amélie Fortin)
Le pianiste québécois Philippe Prud’homme s'est entretenu avec moi pour jaser de sa tournée Instinct de vie — tournée est, actuellement en cours dans la province et ailleurs. Au total 12 concerts qui lui donneront l'occasion de se produire en Gaspésie, à Carleton-sur-Mer et, bien sûr, à Montréal le 5 décembre prochain, à la salle Joseph Rouleau du Plateau Mont-Royal.  

CP — Le programme de ta tournée comprend des œuvres assez dramatiques — notamment la Sonate pour piano no 4 de Prokofiev, la Vallée d’Obermann de Liszt, trois Études et cinq Préludes de Scriabine, la Deuxième Ballade de Chopin. Qu’est-ce qui t’a amené à choisir des pièces aussi « tragiques »? 

PP — J'avais envie d'un programme fait de contrastes; des œuvres chargées émotionnellement et en même temps remplies d’espoir et dont l’esprit propose de l'humanité en bloc, de la résilience et, bien sûr, de l’amour. 

CP — Cela ne serait-il pas trop « chargé » pour l’auditeur néophyte?

Non, je ne pense pas. Je prends le temps de raconter brièvement le contexte de chaque pièce et sa place dans l'histoire de la musique. Cela rend le message musical encore plus lumineux, plus optimiste aussi. En ce sens, l’auditeur néophyte comme l’amateur passionné s’y retrouvera, s’y reconnaitra même, qui sait. 

CP — Tu as choisi cinq Études et cinq Préludes de Scriabine. Pourquoi ces pièces, et pourquoi Scriabine?

PP — C’était une question de contraste, encore une fois. Les Études choisies [de Scriabine] sont des œuvres impétueuses et dionysiaques, tandis que les Préludes sont introspectifs, intimistes. Ces  visions contrastantes me fascinent, rendant ces oeuvres encore plus mystérieuses. Les interpréter devient donc un défi encore plus grand pour le pianiste. 

CP — Bien que slaves tous les deux, Scriabine et Prokofiev ont des personnalités fort différentes. Comment parvenir à les juxtaposer dans un même programme? 

PP — En musique et en art, tout est possible. Si Scriabine est plus mystique et ésotérique, peut-être aussi plus sensuel, Prokofiev, lui, est un conteur dans le sens le plus théâtral du terme. Je crois qu'au-delà de leurs différences, ces compositeurs sont tous deux tributaires d'un esprit foncièrement classique. Dans les deux cas, il faut les aborder avec imagination. D'ailleurs, Prokofiev admirait beaucoup Scriabine. 

CP — Tout au long de sa vie, Prokofiev a consacré plusieurs pièces au piano. Des sept sonates pour l’instrument, pourquoi avoir choisi la Quatrième? 

PP — La Quatrième Sonate de Prokofiev est relativement peu jouée, et c’est bien dommage parce qu’il s'agit d'un trésor absolu. Cette pièce a été dédiée à son ami d’enfance qui s’est suicidé. Prokofiev, on le sait, est un compositeur dont la nature est fondamentalement optimiste. Or, le pianiste Sviatoslav Richter déclara un jour qu’il y a trois pièces tragiques dans l’œuvre du compositeur : le Deuxième Concerto pour piano, la Deuxième Sonate, et la Quatrième Sonate. Singulièrement, ces trois pièces ont été dédiées au même ami d’enfance. Le public reconnaîtra sûrement qu’en dépit de sa teneur dramatique, la Quatrième Sonate dégage une grâce et un sentiment de réconciliation très forts. 

CP — Vraisemblablement, il n’y a pas de joie sans peine!

PP — Effectivement, la Quatrième Sonate le confirme bien! Même chose pour les autres oeuvres de mon programme, notamment La Vallée d'Obermann de Liszt et l'Étude-Tableau op. 33 de Rachmaninov. 

*


Philippe Prud'homme interprétera également une oeuvre québécoise: D'Après Pergolese de Marc-André Hamelin, un arrangement du célèbre morceau lyrique Se tu m'ami de Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736). Cette pièce trahit la personnalité plus intimiste, plus sensuelle de Marc-André Hamelin, que beaucoup de gens associent encore à ses habiletés de pianiste hypervirtuose. « Cette pièce n'a rien de pyrotechnique »  lance Prud'homme, ajoutant qu'elle permet, au début de la seconde partie du concert, de « souffler un peu ». 


*

Originaire de Saint-Jérôme, Philippe Prud'homme a été l'élève de Gilles Manny et de Dang Thai Song. En 2009 et 2013, il remporte les premiers prix du Concours de Musique du Canada, et en 2012 celui du Concours de la Société de musique contemporaine de Montréal.  Artiste protéiforme, il interprète depuis 2012, en collaboration avec des comédiens de renom (dont Jacques Godin), des mélodrames musicaux de compositeurs classiques (Schubert, Schumann, Liszt, Strauss, Poulenc). 


Philippe Prud'homme, pianiste
En concert à Montréal à la Salle Joseph-Rouleau
305 av. Mont-Royal Est
Mercredi 5 décembre à 19 h
Billets en vente sur le site des Jeunesses Musicales Canada. 

samedi 1 décembre 2018

Sacré Georges Perros

(Photo : Éditions Finitude)
L'année 2018 marque pour moi la découverte de quelques écrivains magnifiques. L'un d'eux est Georges Perros (1923-1978), écrivain français dont la voix fait magnifiquement écho à mes préoccupations de lecteur et d'écrivain. 

Bien qu'il ait fait ses débuts comme acteur, Georges Perros troque rapidement les planches pour la plume, laquelle répond mieux à son rythme de vie. Écrivain et surtout poète, il griffonne en tous lieux aphorismes, réflexions et autres notes à l'emporte-pièce. Ses textes dévoilent une personnalité difficile et parfois négatrice. On y apprend que les victoires se paient cher et que les défaites (surtout les cuisantes) entérinent les limites douloureuses de la vie. Gaillard humble, amoureux désagrégé, ce quasi-taciturne ne manque pas de déclarer son  inclination fragile pour la femme, l'écriture, la solitude... 

Publié en 1960, le premier volume des Papiers collés (qui sont au nombre de trois) confirme un esthéticien de premier ordre. Entre les séances d'écriture, Perros mène une vie qui l'enfuit, asservi au labyrinthe de la pensée. Rebelle à l'instar des grands poètes, fragile comme le musicien, ce « mauvais garçon » de la littérature française affiche un pessimisme qui passerait pour nihiliste s'il n'était de sa capacité à embrasser pleinement sa vulnérabilité. Au reste l'écriture, et plus exactement la poésie, lui permettent de vivre en artiste véritable. Entres autres, Perros excelle à rendre à la nuit, aux femmes, aux hommes ses charmes discrets, oubliant au passage — et c'est tant mieux — tout ce qui est sourd au silence de la vérité. 

J'ai tiré ici quelques extraits de Papiers collés. 


Aimer, c'est donner à quelqu'un le droit — sinon le devoir — de nous faire souffrir. 

* 

Le mauvais comédien indispose.
Le bon tranquillise.
Le grand inquiète. 


*

La poésie donne le plaisir de ne pas avoir à comprendre [...].  

*

Écrire est l'acte le plus riche, le plus « engageant », celui qui entraîne le plus d'éléments dans son mouvement. Auprès duquel une action pure et simple n'est que bagatelle. Si Napoléon avait pu devenir Chateaubriand, il n'aurait pas choisi ce pis-aller qu'est l'héroïsme civique et militaire. Dort, regrette, chez tout homme dit d'action, le grand poète qu'il a manqué d'être. 

Papiers collés
George Perros
216 p. 
L'Imaginaire (Gallimard)



lundi 12 novembre 2018

Rivalisation ou rivalité

Conversation avec une amie hier au sujet de la rivalité, l'une arguant qu'elle contribue au dépassement de soi, l'autre qu'elle fragilise l'estime de soi en ce qu'elle vous amène à vous comparer constamment aux autres. 



Je crois que l'esprit de compétition nous rend plus fragile qu'autre chose. Il régente et nourrit, à la longue, un sentiment de culpabilité, renard vampirique pour l'esprit. Sa cristallisation s'appelle le perfectionnisme.   



Ce qu'en pense Gainsbourg : « Poussé à un tel degré de perfectionnisme, l'esthétisme est une maladie. Je ne tiens pas à m'en guérir. C'est totalement incontrôlable. C'est même devenu rituel. » 



Et ce qu'explicite l'écrivain belge François Emmanuel est encore plus effarant : « Il y a dans tout perfectionnisme une effroyable peur du vide. » 







lundi 5 novembre 2018

A Star is Born, le film

Photo : Vox.com










J'aime, j'admire Lady Gaga, et pourtant je connais peu sa musique. Sur YouTube, il y a quelques années, je l'écoutais, assise au piano, interpréter une chanson de Stevie Wonder. Sa présence sur scène, son « chien », sa désinvolture me confirmaient qu'elle est une véritable enfant de la musique. Cependant, je n'ai pas plongé dans ses chansons, ses albums. Quand tout le monde aime un artiste, un film ou un livre, je garde une distance d'avec eux. Je ne fais pas les choses à moitié. 

A Star Is Born est sur grand écran. Curieux d'aller le voir, j'étais réticent à ce que la personnalité de Bradley Cooper ne me convainquait guère. Trèves de tergiversation, la fin de semaine dernière, je me rendais en salle en compagnie de ma colocataire. Adossé à mon siège, je dégustais comme du miel la première scène, laquelle respire tout le côté « vintage » du remake des années 70 (réalisé par Frank Pierson et mettant en vedette Kris Kristofferson et Barbra Streisand). Le premier plan, la première scène d'un film dévoilent sa fin. Le commencement c'est la fin, et ainsi de suite.


Pendant deux jours, affligé, je portais dans mon coeur la beauté diaphane du film. Bradley Cooper habite de l'intérieur la blessure de Jackson, le chanteur folk. Et Lady Gaga me donne envie de lever mon verre à la Femme et aux femmes de la musique.   


On a demandé un jour au réalisateur américain Billy Wilder quel est le secret d'un bon film. Sa réponse : « Il suffit d'un peu de magie. » Plus que pour la musique ou les arts plastiques, le cinéma n'est rien sans magie. Au reste, l'art de l'éclairage, de la lumière, des mouvements dans la pénombre, du clair-obscur, tout ça n'est que recréation matérielle de la magie.    


Enfin, A Star Is Born invoque la défaite et sa résistance, avec pour prétexte une histoire d'amour et ses déchirures persistantes. Mais plus encore, il illustre le prix à payer — immense — pour être un musicien. 

A Star is Born (2018)
Réalisation : Bradley Cooper
Avec : Lady Gaga, Bradley Cooper

lundi 15 octobre 2018

Dans l'autobus 55

Dans le bus, en fin de soirée, un jeune homme s'assoit à ma gauche. D'une beauté d'éphèbe, vêtu  de vêtements sport urbain, il sort son téléphone intelligent, se met à jouer à un jeu vidéo — un poisson animé sautant sur des rocailles. Le bus se remplissant rapidement, une jeune fille arrive, debout devant nous. Le jeune homme ne quitte pas son écran, et moi je lance un regard en direction de la jeune fille — plutôt jeune femme —, et veux lui laisser ma place. Elle me répond un très doux « Non, merci! ». Pendant ce temps, l'éphèbe interrompt son jeu pour répondre à une séquence de textos. À la fin de celle-ci, je l'interloque :
— Est-ce un jeu addictif?
— Non, pas vraiment, c'est même plutôt ennuyant, me souffle-t-il, d'un accent français.
— Et pourquoi vous jouez?
— C'est pour me divertir, l'air embarrassé.   
— Vous m'avez entendu lorsque j'ai voulu laisser ma place à cette demoiselle? (je pointe vers elle, pesant mes mots)
— Oui, je crois...
— Savez-vous pourquoi je l'ai fait? 
— Non. 
— Parce que nous les hommes, nous devons continuer d'être gentleman. Il faut revenir aux conventions de gentillesse et de respect. L'homme doit demeurer, en tout temps et en toutes circonstances, un gentleman, débité-je, avec bienveillance. 

Subrepticement, il range son téléphone. Quelques passagers écoutent notre conversation, parmi eux deux ou trois femmes qui sourient, et deux hommes mi-quarantaine qui font semblant de ne rien entendre. Le jeune français m'écoute avec attention, mais ne semble pas savoir où je veux en venir. 
— Quel âge avez-vous, demandé-je. 
— 20 ans.   
— Je serai totalement honnête, je vous ai abordé parce que, en vous voyant sur votre téléphone, j'ai songé à ceci que vous valez beaucoup mieux que ce jeu. 

Mes mots lui vont droit au coeur. Soudain, ses yeux se font plus sincères, plus affables, sa bonté de bon fils à la bonne éducation saillit, me bouleverse presque.  
— Vous faites quoi dans la vie, sollicité-je. 
— Je suis étudiant. 
— En quoi?
— Finances, HEC
— Ça vous passionne? 
— Ça m'intéresse bien, me répond-t-il, hésitant. 
— Quelle est votre passion?   
Il cherche une réponse, se perd dans la réflexion, avant de reconnaître qu'il ne l'a pas encore trouvée, sa passion. « Continuez de chercher » lui soufflé-je. Nous bavardons jusqu'à son arrêt, rue Saint-Viateur. Au moment de débarquer, se préparant à replonger dans l'insécurité de l'exil, dans le froid de la ville, dans les soupçons du jugement d'autrui, il ressort comme une arme son téléphone.  


Je ne pensais pas que j'écrirais cette histoire. Ce n'est qu'après l'avoir racontée à mon amie Catherine, avant-hier soir, que je me suis décidé à la consigner ici. On le sait, notre manière d'utiliser nos téléphones intelligents abîme le lustre de notre intelligence. Qui sait, en empoignant son téléphone au sortir de l'autobus, le jeune français voulut-il oublier les moments « vrais » que nous venions de passer. Chaque époque dispose de ses moyens d'évitement, la nôtre le téléphone intelligent.  



Moment de candeur en le présent aveu que je confie sur vos écrans : j'en veux parfois à Steve Jobs de nous avoir laissé ça entre les mains. Au reste, le téléphone intelligent, c'est un peu comme l'imprimerie. N'eût été Gutenberg, un autre l'aurait inventé. Parbleu, qu'il est dangereux de penser de même!  



Le pire, ce sont les textos en marchant. Dites-moi, que peut-on espérer d'un homme qui texte en marchant? Pourra-t-il garder la tête haute devant l'adversité? 



Mes questions aujourd'hui recèlent un pessimisme  de matinée fragile loin de l'azur. J'écris peut-être pour m'en défaire, de ce pessimisme. Néanmoins, je ne peux l'ignorer. C'est pourquoi j'affirme, en vertu de mon amour des êtres et des choses, que l'homme jeune et talentueux, rêvant jadis de justice et d'unification, cet homme, autrefois frêle adolescent bavardant gaiement avec ses voisins de pallier, et qui aujourd'hui carbure à l'overdose d'inattention, inapte à la concentration, à la joie, à une vie intérieure riche, cet homme-là, comble de la capitulation, représente probablement le plus grand échec de notre civilisation contemporaine. 

mardi 28 août 2018

Quiz Auto — La balle est lancée

Mathias et Houda ont cordialement accepté de poser pour les besoins du lancement


















Journée magnifique pour le lancement de Quiz Auto. Ça se déroulait samedi le 25 août, chez moi, entouré d’amis et de membres de ma famille, le tout accompagné de nourriture, d'alcool et de musique. 

Au total, une quarantaine d'individus soyeux étaient présents, l'affluence atteignant son apex vers 19 h. Le premier arrivé était mon ami Denis, ancien colocataire de mon « époque Sainte-Thérèse », suivi d'une déferlante d'amis anciens et nouveaux.

Pour un lancement de livre réussi sur toute la ligne, il faut que le lieu et l'auteur soient inondés d'amour. D'ailleurs, je me demande si les vétérans auteurs éprouvent encore, au lancement de leur vingtième ou trentième publication, le même trac, la même fièvre qu'à leurs débuts. 

« S'il y a une chose qui élève l'âme, c'est bien
d'avoir un ami. » (Richard Wagner)
Pendant que la météo faisait la belle, j'ai remarqué quelques personnes dont les yeux étaient rivés sur mon livre, feuilletant, fouillant, parcourant attentivement son contenu. Chaque fois, je m'abstenais de fixer mon regard sur eux, car il ne faut jamais déranger le silence du lecteur. C'est à ce moment que j'ai réalisé que mon livre n'était plus le mien, mais le leur. 

Entre les branches, mon amie Sandra, son copain et leurs quatre garçons se mêlaient à la bande. Ça me remplissait l'âme de les voir, parce qu’une fête sans enfants est toujours un peu barbare. Pour eux, au piano je piochais ma joie pleine; et ma volonté d'une plus grande honnêteté en ce monde, ma réconciliation avec un nouveau vouloir, celui-là plus souverain, plus courageux que les précédents. 


Les survivants de la soirée

En fin de soirée, une amie m'a pris en photo alors que je dédicaçais un exemplaire. Cette photo m'a fait saisir que nous sommes tous, à un moment ou un autre, un personnage qui mène une vie parallèle. Cela, on le saura plus nettement au dernier tour de piste (ou pas).   



Une joie à souligner, l'arrivée de ma grande soeur Sally, toujours prête à s'arroger le droit de tisser des liens, parce que son intelligence sociale et son amabilité l'y poussent naturellement. 


En dernier lieu, mon neveu Ricardo et sa future épouse Sly (ils seront mariés dans quelques semaines) m'ont aidé à démarrer le projet de lancement-bénéfice. Pour cela, je leur suis profondément reconnaissant! 

vendredi 10 août 2018

Quiz Auto est en librairie!


Depuis mercredi le 8 août, Quiz Auto, mon première livre, est en librairie. Pour dire franc, je capote, et c'est très bien comme ça! Mercredi soir, à l'impromptu, des amis sont venus chez moi célébrer ce jour fatidique. En leur compagnie, je n'ai eu d'autre choix que de m'assoir au piano et de chanter! 



Plusieurs connaissances et amis m'ont fait signe sur Facebook. Plusieurs d'entre eux n'ont pas manqué de me faire part de la présence de Quiz Auto sur les présentoirs, notamment à la Maison de la Presse de l'aéroport et chez Renaud-Bray. Ah oui! on m'informe à l'instant que mon livre est en vente dans les pharmacies Jean Coutu! On trouve de tout... 


Toujours hier, ma grande sœur, Jeannette de son prénom — qui est littéralement ma deuxième mère — m'annonçait par téléphone qu'elle avait acheté mon livre à la librairie Carcajou (qui, paraît-il, en a commandé 25 exemplaires). Fébrile, elle m'intima : « Claudio, j'étais très émue en sortant de la librairie. » Ce n'est qu'à ce moment que j'ai réalisé que la publication d'un livre n'est pas une mince affaire. N'ayant pas le don d'ubiquité, l'auteur ne peut être à la fois artisan et spectateur de son projet. Ainsi, ma soeur, en témoin doucereux, m'amenait à reconnaitre l'apogée fragile et merveilleuse que représente la publication d'un livre. Toute naissance est une célébration, tout amour partagé une messe en puissance.



Enfin, je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir travailler avec un éditeur dont le professionnalisme et la bienveillance dépassent largement mes attentes. Par son soutien et sa réactivité, le Groupe Modus me confirme qu'une équipe éditoriale compétente est à son auteur ce qu'un bon parent est à son enfant, c'est-à-dire essentiel à son développement. 


Merci de tout cœur.