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mardi 18 février 2020

À la brûlerie de mon quartier (3)

Ma nouvelle brûlerie, que je fréquente depuis début novembre, soit depuis mon arrivée dans le quartier, m’a convaincu de ce qu’il est préférable pour le corps (et l’esprit) de boire son café avec du lait d’avoine plutôt qu'avec du lait de vache — à défaut de le boire court ou allongé. Le lait d’amande n’a jamais eu ma faveur, sa texture et sa saveur s’apparient difficilement à celles du café. Pour le lait d’avoine, c’est une autre histoire, celui-ci invoque plus de chaleur et de souplesse, procure une sensation d’enveloppement qui, selon moi, fait défaut au lait d'amande. Pour cet avatar d'importance dans mes habitudes de caféinomane, il me faut rendre à César… merci, Sabrina et Rosemarie.  


J’ai rêvé que je rencontrais Jean-Paul Sartre et lui disais mon admiration pour son travail. Vieux, un peu malade, il se montrait néanmoins accueillant et bienveillant, et il m'écoutait avec beaucoup attention. Plus, il était doté d'une chose rarissime : la générosité vraie. Un bien grand monsieur.


Il n'y a rien d'agréable pour moi à écrire sur un ordinateur. Même à luminosité diminuée, la fluorescence hardie de l'écran me gêne, le son des touches, l'aspect électronique du bidule, produisent chez moi un énervement dont je ne n'arrive pas à me soustraire. J'écris tant bien que mal, mais c'est difficile, parce que le plaisir d'écrire à la main n'est jamais très loin. Je suis un peu archaïque, je ne m'en défends pas.

mercredi 17 juillet 2019

Réflexions autonomes aux heures de café

À la fin du précédent millénaire, j'ai écrit une chanson intitulée Peux-tu me dire, dont le pont va comme suit : Loin d'un envol mais si près d'une étoile / J'ai besoin de ces gens mais pas de leur dédale / J'irai là où on recueillera dans l'explicite / Une moisson ruisselante de la plus grande musique 


On pourra me reprocher mon romantisme exacerbé, ou mon idéalisme soucieux d'unir création, solitude, amitié et humanité. Avant l'heure des premiers combats, avant la reconnaissance des grandes éraflures, cette chanson me confirmait que la contradiction chez l'humain est un fondamental des enjeux de la création. L'écriture ou la vie, interrogeait le philosophe, ce sont là des problématiques inextinguibles. Dans tous les cas, il est mieux de privilégier l'action, incidence d'un esprit de rayonnement.


On ne plonge dans l'écriture qu'à la seule condition qu'on vous fiche la paix. Trouver l'espace où la concentration rencontre sa vitesse de croisière. Le café où j'écris — que j'appelle affectueusement mon « bureau » — me dérobe au secrétaire dans mon appartement, lequel est si souvent couvert de livres que je finis par céder à la tentation de l'ailleurs, cet ailleurs où l'on prépare du bon café. Au reste, l'écriture c'est aussi une façon de (mieux) douter. John Maxwell Coetzee en fait l'apologie, à sa manière : « Savoir ce qu'on veut [...], cela veut dire la mort de l'étincelle de création. » (in Vers l'âge d'homme) 

vendredi 23 février 2018

Sartre et l'enfer

L'explication de Sartre de l'énoncé « L'enfer, c'est les autres », que l'on retrouve dans sa pièce Huit Clos, montre combien la pensée du philosophe rejoint parfaitement, comme une concomitance absolue, l'éternel et l'universel.  

Du génial penseur — dont on ne sait plus si c'est l'âme ou l'esprit qui incarne la rebellion, la liberté, la pureté, la joie —, je dirai qu'il vient confirmer chez moi un sentiment très précis et très simple : le sentiment du privilège de vivre. Certains ont besoin de plonger dans la mer pour l'éprouver, d'autres de voir leur enfant faire ses premiers pas. Quoiqu'il en soit, chacun se rejoindra à l'horizon du vouloir être, du vouloir vivre. L'humanité aura beau se faire plurielle, on parlera toujours d'elle au singulier.