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mardi 18 février 2020

À la brûlerie de mon quartier (3)

Ma nouvelle brûlerie, que je fréquente depuis début novembre, soit depuis mon arrivée dans le quartier, m’a convaincu de ce qu’il est préférable pour le corps (et l’esprit) de boire son café avec du lait d’avoine plutôt qu'avec du lait de vache — à défaut de le boire court ou allongé. Le lait d’amande n’a jamais eu ma faveur, sa texture et sa saveur s’apparient difficilement à celles du café. Pour le lait d’avoine, c’est une autre histoire, celui-ci invoque plus de chaleur et de souplesse, procure une sensation d’enveloppement qui, selon moi, fait défaut au lait d'amande. Pour cet avatar d'importance dans mes habitudes de caféinomane, il me faut rendre à César… merci, Sabrina et Rosemarie.  


J’ai rêvé que je rencontrais Jean-Paul Sartre et lui disais mon admiration pour son travail. Vieux, un peu malade, il se montrait néanmoins accueillant et bienveillant, et il m'écoutait avec beaucoup attention. Plus, il était doté d'une chose rarissime : la générosité vraie. Un bien grand monsieur.


Il n'y a rien d'agréable pour moi à écrire sur un ordinateur. Même à luminosité diminuée, la fluorescence hardie de l'écran me gêne, le son des touches, l'aspect électronique du bidule, produisent chez moi un énervement dont je ne n'arrive pas à me soustraire. J'écris tant bien que mal, mais c'est difficile, parce que le plaisir d'écrire à la main n'est jamais très loin. Je suis un peu archaïque, je ne m'en défends pas.

mercredi 12 février 2020

Lire en français en écoutant de la musique francophone

Hier soir, à la librairie de mon quartier, en compagnie de mon amie Joséphine. Une musique francophone de style grunge et corrosif sortait des hauts-parleurs de l'établissement. À cause de ses paroles en français, celle-ci empêchait de bouquiner, interférant avec le texte français des livres. Deux libraires se tenaient près du comptoir. M'avançant près d'eux :
— Je vous aime tous les deux, j'aime cet endroit, vous le savez, vous m'y voyez souvent. Seulement, il est impossible de bouquiner quand il y a de la musique francophone.
L'un des libraires répondit :
— Bouquiner, mais pas lire!
— Mais bouquiner veut dire lire!
— Mais non!
— Mais si, regardez dans le dictionnaire!
Le second libraire, sur la défensive, souffla : « Y'a juste un problème, c'est qu'on est ici depuis ce matin » Je comprends la fatigue, bien que je trouve un peu étrange de mettre ça sur son dos. Pourquoi ne pas plutôt revendiquer ses goûts musicaux : « C'est une musique qu'on adore. » Souligner la fatigue, cela veut-il dire qu'après un certain nombre d'heures à besogner, l'assiduité et l'amour du travail sont autorisés à diminuer? Du coup, j'ai compris que ma déclamation avait été prise pour une attaque. Avec calme, je lançai aux jeunes hommes : « Avez-vous déjà acheté des partitions dans un magasin de musique? Quand on « bouquine » une partition, il ne doit pas y avoir de musique, cela crée une interférence entre le texte de la partition et la musique qu'on entend. C'est la même chose lorsqu'on achète des livres : on ne peut lire un livre en français si l'on entend les chansons d'Aznavour autour de soi. »

Sans dire un mot, ils ont gentiment changé la musique. Et je leur en remercie.

J'écris tout ceci un peu pour demander pardon (à moi-même). Pardon d'être exigeant, de vouloir constamment créer l'expérience la plus enthousiasmante, la plus claire, la plus passionnée. Pardon à moi-même de vouloir faire de chaque rencontre, de chaque geste, de chaque réflexion une oeuvre d'art. Mais plus que tout, je veux dire MERCI. Merci de m'avoir fait sensible, entêté, et parfois acharné. Merci de me donner la force et l'amour de vivre la vie de façon immédiate. Merci de faire de moi un être de plus en plus libre, de plus en plus affranchi des choses insidieuses qui vous font reculer. 

En sortant de la librairie (avec, en main Papiers collés 3 de Georges Perros, et les Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir pour Joséphine), j'ai salué les deux jeunes hommes. En regagnant la voiture avec mon amie, je reconnaissais que notre hiver québécois est certainement le plus beau, et qu'il est une grande chance que l'on puisse se procurer d'aussi bons livres à quelques pas de chez soi.

lundi 3 février 2020

Des livres et des plantes


Retour à l'écriture, donc à la nécessité d'être un peu plus égoïste. Ce faisant je refuse des invitations, j'ouvre plusieurs documents Word sur lesquels j'écris pêle-mêle, la plupart du temps avec enthousiasme (cela ne veut pas dire que ce n'est pas souffrant). Entre deux pages, je joue du piano ou fais du ménage dans mon appartement. 

Tous les trois jours, je passe à la librairie de mon quartier, achète deux, trois, quatre livres. Les livres peuplent un territoire de liberté, ceux qui s'en privent deviennent cons plus rapidement.


Je viens de donner un exemplaire de mon Quiz Auto à Daniel, le propriétaire du Café Orr. Ce café est fort sympa, c'est pourquoi j'y reviens de temps à autre, toujours avec un plaisir contrasté. Cependant, j'aimerais que la musique y soit moins forte. Mais il ne faut pas trop en demander, moi et la musique, vous savez, nous avons une relation bien particulière.


Comme je disais plus haut, j'achète beaucoup de livres. Peut-être ces livres s'apparentent-il à ceux que j'aimerais écrire. Je me demande d'où vient cette avidité pour les livres. Tout simplement de la nécessité de me construire mon coin de paradis. 

Établissement d'un espace de liberté oblige, j'ai acheté quelques plantes hier : treize petits pots au prix de 35$. Merci Kijiji.

samedi 4 janvier 2020

L'année 2020 qui commence

Entre le 24 octobre et le 11 décembre 2019, il s’est produit tellement de choses que je me demande encore comment elles ont réussi à trouver l’espace et le temps pour me titiller de même et changer ma vie. 


En quelques mots...

Le 24 octobre 2019, après douze années de colocation, je signais un bail de logement sur le Plateau Mont-Royal. J’y habiterai seul. J'ai beaucoup aimé mon expérience en colocation. Jusqu'à ce jour où je me  rendais à l'évidence que j'avais besoin d'être seul, parce que je suis comme un ours et que le silence m'est absolument nécessaire. Oui, j'ai adoré cohabiter avec Sonya, Sarah, Stella et d'autres très belles personnes, mais il était temps d'amorcer un nouveau chapitre



J'aime la solitude parce que je ne suis jamais seul. 



De 18 ans à 35 ans, j’ai habité seul. Cette solitude, que j’oserai qualifier de providentielle, a fortifié mon esprit, mon âme, l'artiste en moi. J'avais à découvrir seul ce que j’aime et n’aime pas (comment le faire autrement?). Jusqu’à ce qu’une crise intense, à mes 35 ans, m'amène à reconnaître qu’aimer les gens est la plus belle chose au monde, la plus grande aussi. Je les ai toujours aimés, les gens, mais je peinais très souvent à établir la juste distance entre eux et moi. 

En musique, on dit de l’harmonie qu’elle est ni plus ni moins le juste intervalle entre deux notes. Chers vivants, appliquons ce glorieux principe dans nos relations humaines, et tout deviendra symphonique!



Alors, ce qui s'est passé aux dernières semaines de 2019. 24 octobre 2019, signature de mon bail. 26 octobre, mon amie Christine propose de me louer sa superbe Honda Accord (à boîte manuelle) pour le transport de mes livres et mes vinyles. Pour ce faire, il me faut payer mes contraventions de stationnement à la Ville de Montréal, au montant de 2370 $; contraventions écopées entre juillet 2016 et janvier 2017, au faîte de ma négligence et de ma désinvolture à une période où je n'avais pas réellement envie d'être le propriétaire d'une automobile; ma dernière contravention date du jour où je décide d'envoyer la voiture à la fourrière. Réfractaire à une entente de paiement, la Ville me demande de payer la totalité de la somme. J'obtempère. Mon droit de conduire retrouvé, je déménage joyeusement le 27 octobre, aidé de deux de mes neveux. À peine installé dans mon nouveau chez-moi, je redécouvre la joie de conduire, dévorant des milliers de kilomètres à travers la province : Wakefield, Ottawa, St-Adèle, Mirabel, Mont-Tremblant, Gatineau, Québec, St-George-de-Beauce, Rawdon. La passion de conduire m'a vraisemblement manqué. Au gré de mes pérégrinations, je tombe en amour avec la Honda Accord à boîte manuelle. Sans avoir nécessairement partagé mon inclination très forte pour l'objet mécanique, Christine me propose d'en faire l'acquisition, à un prix d'amie. À chaque homme son cheval, pensai-je, lorsque, affaibli par tant d'amour et de passion, j'accepte son offre. Au reste, je suis l’auteur d’un Quiz Auto (publié chez Modus Vivendi) et il n’est pas vilain que le cordonnier porte de temps en temps des chaussures de sa pointure. Une autre aventure — et non la moindre — le 6 décembre débarquait chez moi mon piano droit. Ayant tardé à réserver la grue pour son déménagement, il m'aura fallu attendre un peu plus d’un mois pour jouir à nouveau du plaisir de jouer à la maison. Cette période m’aura vu plus irritable et fragile que jamais, et je remercie celles et ceux qui ont fait preuve de patience avec moi.

D'autres incidences sont venues rehausser mon quotidien des dernières semaines, je vous en ferai part dans un autre billet, ultérieurement.


Que 2020 soit lumineuse et heureuse. Que vos créations produisent de l'Amour et de l'amour.

mardi 22 janvier 2019

Chopin pour commencer l'année

Couverture (première édition) de mon Aspects de Chopin, publié
en 1949 pour le centenaire de la mort du compositeur.
À Chloé Laure, qui est à Paris, et dont c'est l'anniversaire aujourd'hui :)

Dans le grand froid qui couvre actuellement la province, un rêve musicien (rêve féérique) me traverse. Écouter ma mère se raconter au téléphone, lui poser des questions sur son enfance, sur sa façon de voir la vie, lui parler de musique, reconnaître qu'elle ne l'a jamais écoutée pour meubler le silence, mais pour réellement l'écouter. Qu'on se le tienne pour dit, les mots de ma mère rassurent comme un bon vieux désir de vivre. 


Ces jours-ci, la nécessité de jouer du piano supplante celle de l’écriture et cela est très bien. Entre le jour qui commande le développement des choses et la nuit qui console des chagrins du passé et de l’avenir, la musique continue de féconder en moi son idéal souverain. Une lecture magnifique m'accompagne depuis le commencement de la présente année : Aspects de Chopin d’Alfred Cortot, le plus grand livre que j’aie lu sur le génie polonais – et Dieu sait qu'ils ont de tous temps occupé une place privilégiée dans ma bibliothèque. Je m'emporte peut-être... je ne me suis jamais senti aussi proche de mon Chopin. 


Hier soir audition sur YouTube du Quatuor en mi bémol opus 127 de Beethoven, par le Quartetto Italiano, dont la joie pure m’a fait beaucoup de bien (observez les danses espiègles au deuxième mouvement). Ensuite j'ai déposé l’aiguille de mon tourne-disque sur des arias de Mozart par Kiri Te Kanawa, puis sur un album des Impromptus et Ballades de Chopin par Tamás Vásáry, chez Deutsche Gramophon. Un très beau disque, dont les Impromptus et les Première et Quatrième Ballades m'ont laissé grande impression (rubato magnifique dans la Première, narrativité exquise dans la Quatrième). Je puis dire maintenant que je comprends un peu mieux la Quatrième, dont je n’avais jusqu’ici réussi à ouvrir la porte secrète, peut-être parce que je l’ai souvent considéré moins « nécessaire » que les trois autres. Sous les doigts du pianiste hongrois, les Impromptus atteignent un équilibre parfait entre délicatesse et fébrilité, une fébrilité toute française, voire parisienne, contrecarrée par les parties médianes où les accents de zal polonais surgissent comme une armée d’amour. 


Que l'année qui commence vous injecte sa dose de désinvolture et d'amours bienveillantes. 


Une édition plus récente, toujours chez Albin Michel

P.-S. Je ne crois pas aux coïncidences. Au café où j'écris ce billet, on entend la Berceuse de Chopin (premier morceau de Chopin entendu ici depuis des années).  

lundi 24 décembre 2018

Lire Nancy Huston

L'espèce fabulatrice est mon essai 
préféré de l'écrivain canadienne
Tout récit historique est fictif dans la mesure où il ne raconte qu'une partie de l'histoire. Seul Dieu pourrait raconter toute l'histoire ; mais Dieu, étant hors temps, ne sait pas raconter.  (p. 88)


Les romanciers suscitent souvent l'incrédulité lorsqu'ils affirment que, pour eux, leurs personnages sont aussi réels que des personnes en chair et en os. Mais cela n'a rien d'étonnant dans la mesure où, dans notre cerveau, les personnes vivantes sont des personnages.  (p. 163) 


Les gens qui se croient dans le réel sont les plus ignorants, et cette ignorance est potentiellement meurtrière. (p. 29) 

Nancy Huston
Actes Sud/Leméac

vendredi 21 décembre 2018

L'art de la conversation, de la joie

Lorsqu'il y a consentement, la vue de la sensualité dans une amitié ensorcelle comme la première nuit sous les étoiles. Je crois qu'il n'y a pas plus belle amitié que celle où le dialogue se fond à la sensualité : les voix, les regards, les silences, les mains, les repas partagés. Au reste, une conversation intelligente est une chose sensuelle, voire érotique (dixit Alice Ferney). 


Ce qu'en dit Ingmar Bergman, dans son autobiographie Laterna Magica. 


L’amitié, comme l’amour, a la vue perçante. L’essence de l’amitié est faite de franchise, d’amour de la vérité. Quelle délivrance quand on voit le visage de son ami ou qu’on entend sa voix au téléphone et qu’on peut lui exprimer ce qui nous coûte le plus, ce qui nous tient le plus à cœur. Ou entendre un ami vous avouer lui-même. Souvent l’amitié a un côté sensuel. La silhouette de l’ami, son visage, ses lèvres, sa voix, ses gestes, ses intonations sont gravés dans ta conscience et c’est un code secret qui t’ouvre à moi dans la confiance et la communion de pensée. 


Par ces mots, le réalisateur suédois entendait-il seulement amitié entre gens de même sexe?  Involontairement peut-être, Bergman y jette les bases de la relation amoureuse exemplaire.

On le sait, lire est une conversation entre le livre (l'auteur) et le lecteur. Sur la lecture, Proust écrivit qu'elle est une amitié. La conversation serait-elle art de l'amitié?

Ce qui manque aux amitiés, aux amours, aux familles, c'est l'art de la conversation. 


mercredi 19 décembre 2018

Devenir un grand écrivain

À 30 ans, j'écrivais dans un courriel à A., mon premier mentor, qu'à 40 ans j'aimerais être un grand écrivain. Il me répondit : « Tu le seras certainement, Claudio, mais sache que si tu veux atteindre ton objectif, tu dois être persuadé, dès maintenant, que tu es un grand écrivain. » 

*

Le 6 novembre dernier, j'ai rêvé que mes parents mouraient. Mon père décédait le premier, suivi de ma mère quelques jours plus tard. Tous deux avaient trépassé à la maison de ma grande soeur, entourés de mes frères et soeurs. La mort de mon père m'affectait relativement, celle de ma mère terriblement, profondément. À chaque instant, je pleurais qu'elle ne soit plus avec nous, et je pensais à ce qu'il me faudra beaucoup de temps pour ne plus éprouver de tristesse. Dans les pires moments, je me disais : je ne m'y ferai jamais.  



lundi 12 novembre 2018

Rivalisation ou rivalité

Conversation avec une amie hier au sujet de la rivalité, l'une arguant qu'elle contribue au dépassement de soi, l'autre qu'elle fragilise l'estime de soi en ce qu'elle vous amène à vous comparer constamment aux autres. 



Je crois que l'esprit de compétition nous rend plus fragile qu'autre chose. Il régente et nourrit, à la longue, un sentiment de culpabilité, renard vampirique pour l'esprit. Sa cristallisation s'appelle le perfectionnisme.   



Ce qu'en pense Gainsbourg : « Poussé à un tel degré de perfectionnisme, l'esthétisme est une maladie. Je ne tiens pas à m'en guérir. C'est totalement incontrôlable. C'est même devenu rituel. » 



Et ce qu'explicite l'écrivain belge François Emmanuel est encore plus effarant : « Il y a dans tout perfectionnisme une effroyable peur du vide. » 







mardi 28 août 2018

Quiz Auto — La balle est lancée

Mathias et Houda ont cordialement accepté de poser pour les besoins du lancement


















Journée magnifique pour le lancement de Quiz Auto. Ça se déroulait samedi le 25 août, chez moi, entouré d’amis et de membres de ma famille, le tout accompagné de nourriture, d'alcool et de musique. 

Au total, une quarantaine d'individus soyeux étaient présents, l'affluence atteignant son apex vers 19 h. Le premier arrivé était mon ami Denis, ancien colocataire de mon « époque Sainte-Thérèse », suivi d'une déferlante d'amis anciens et nouveaux.

Pour un lancement de livre réussi sur toute la ligne, il faut que le lieu et l'auteur soient inondés d'amour. D'ailleurs, je me demande si les vétérans auteurs éprouvent encore, au lancement de leur vingtième ou trentième publication, le même trac, la même fièvre qu'à leurs débuts. 

« S'il y a une chose qui élève l'âme, c'est bien
d'avoir un ami. » (Richard Wagner)
Pendant que la météo faisait la belle, j'ai remarqué quelques personnes dont les yeux étaient rivés sur mon livre, feuilletant, fouillant, parcourant attentivement son contenu. Chaque fois, je m'abstenais de fixer mon regard sur eux, car il ne faut jamais déranger le silence du lecteur. C'est à ce moment que j'ai réalisé que mon livre n'était plus le mien, mais le leur. 

Entre les branches, mon amie Sandra, son copain et leurs quatre garçons se mêlaient à la bande. Ça me remplissait l'âme de les voir, parce qu’une fête sans enfants est toujours un peu barbare. Pour eux, au piano je piochais ma joie pleine; et ma volonté d'une plus grande honnêteté en ce monde, ma réconciliation avec un nouveau vouloir, celui-là plus souverain, plus courageux que les précédents. 


Les survivants de la soirée

En fin de soirée, une amie m'a pris en photo alors que je dédicaçais un exemplaire. Cette photo m'a fait saisir que nous sommes tous, à un moment ou un autre, un personnage qui mène une vie parallèle. Cela, on le saura plus nettement au dernier tour de piste (ou pas).   



Une joie à souligner, l'arrivée de ma grande soeur Sally, toujours prête à s'arroger le droit de tisser des liens, parce que son intelligence sociale et son amabilité l'y poussent naturellement. 


En dernier lieu, mon neveu Ricardo et sa future épouse Sly (ils seront mariés dans quelques semaines) m'ont aidé à démarrer le projet de lancement-bénéfice. Pour cela, je leur suis profondément reconnaissant! 

vendredi 10 août 2018

Quiz Auto est en librairie!


Depuis mercredi le 8 août, Quiz Auto, mon première livre, est en librairie. Pour dire franc, je capote, et c'est très bien comme ça! Mercredi soir, à l'impromptu, des amis sont venus chez moi célébrer ce jour fatidique. En leur compagnie, je n'ai eu d'autre choix que de m'assoir au piano et de chanter! 



Plusieurs connaissances et amis m'ont fait signe sur Facebook. Plusieurs d'entre eux n'ont pas manqué de me faire part de la présence de Quiz Auto sur les présentoirs, notamment à la Maison de la Presse de l'aéroport et chez Renaud-Bray. Ah oui! on m'informe à l'instant que mon livre est en vente dans les pharmacies Jean Coutu! On trouve de tout... 


Toujours hier, ma grande sœur, Jeannette de son prénom — qui est littéralement ma deuxième mère — m'annonçait par téléphone qu'elle avait acheté mon livre à la librairie Carcajou (qui, paraît-il, en a commandé 25 exemplaires). Fébrile, elle m'intima : « Claudio, j'étais très émue en sortant de la librairie. » Ce n'est qu'à ce moment que j'ai réalisé que la publication d'un livre n'est pas une mince affaire. N'ayant pas le don d'ubiquité, l'auteur ne peut être à la fois artisan et spectateur de son projet. Ainsi, ma soeur, en témoin doucereux, m'amenait à reconnaitre l'apogée fragile et merveilleuse que représente la publication d'un livre. Toute naissance est une célébration, tout amour partagé une messe en puissance.



Enfin, je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir travailler avec un éditeur dont le professionnalisme et la bienveillance dépassent largement mes attentes. Par son soutien et sa réactivité, le Groupe Modus me confirme qu'une équipe éditoriale compétente est à son auteur ce qu'un bon parent est à son enfant, c'est-à-dire essentiel à son développement. 


Merci de tout cœur.



mardi 12 avril 2016

Naissances

Eliott Nicolas au jour de sa naissance
Le temps file et comme vous j'en suis sûr, j'ai très hâte que s'installe le « vrai » printemps; celui qui nous fera ranger pendant quelques semaines, quelques mois, nos imperméables, foulards et autres frusques d'hiver. Ne croyez que je me plaigne de notre météo, au contraire, je suis reconnaissant que celle-ci se fasse aussi changeante et imprévisible, que l'on soit en quelque sorte ses cobailles — avouons qu'il n'y a pas maître plus auguste et pacifique que Mère Nature! 

À une semaine d'intervalle, deux naissances ont contribué à la revitalisation globale de notre famille. Mes neveux Christopher et Rafael sont devenus papas! Christopher et son amoureuse Lily cohabitent maintenant avec le petit Eliott (voir la photo), petit garçon né le 29 mars dernier. Puis Rafael et son amoureuse Catherine partagent depuis quelques jours leur nid avec Noah, gentille petite fée (une photo s'en vient très vite). Bonheur! bonheur!, moi qui suis désormais deux fois grand-oncle!  


jeudi 18 février 2016

Relire Proust

Ces trois dernières semaines, nouvelle prise de contact avec Proust, avec À l’ombre des jeunes filles en fleurs. C’est un assez gros livre, vous le savez, et comme j’ai fait voeu de lire cette année plus de livres que l’année dernière, après seulement quelques pages je considérais l'abandon, en ce que le temps que je lui consacrerais profiterait davantage à des livres que je n'ai pas encore lus. De grâce, le génie de Proust époustoufle encore. De quel chic irrésistible, de quel courage métaphysicien l'écrivain français nous assomme-t-il en des phrases toutes plus diaboliquement musicales les unes que les autres. Il y a une semaine environ, aux prises avec une petite crise de l'existence, j'espérais de la vie rien de moins qu'une mer abondante de lectures prêtes à me faire renaître. De grâce, après seulement une dizaine de pages, je retrouvais quelques repères essentiels. Je n'étais plus le loup perdu dans la forêt, mais un individu plus vertical, en pleine possession de ses moyens. Ces retrouvailles avec le moi me permettaient une prise de contact directe avec cette autre partie de moi qui, il y a une quinzaine d'années, faisait ses premiers pas dans La Recherche. 

Retour de réalités perdues dans le passé, où les maraudages anciens clamaient une déperdition certaine, le retour du massif proustien réitère l'évolution du lecteur que je suis. Plus aguerri, plus mûr, plus patient, il me semble que je réponde toujours vivement, gravement à la sensibilité  — souvent démesurée et par moments miraculeuse — dudit texte.   

Il est des romans qui, à l'instar d'un poème, prennent toute une vie à lire. À la Recherche du temps perdu est un de ceux-là. 


samedi 6 février 2016

Il faut croire que je n'en suis pas encore revenu


C’est horrible cette paresse qui vous prend au corps, à l’âme – cette paresse qui fait peur parce qu’elle est peur. (Je paraphrase ici Charles Dantzig : Qu'est-ce que la paresse, sinon la peur de vivre.) Lorsqu'il n’y plus d’espace entre ce qui entre dans l’âme et ce qui en sort; et les deux, ce qui rentre et ce qui sort, sauvent des vies autant qu’elles n'en prennent. 



Avant-hier, moments magnifiques avec David Bowie. De superbes heures de musique, tandis que je réalisais que le chanteur est avant tout — et surtout — acteur. Ensuite musicien et auteur. Novateur, précurseur, iconoclaste, il a réinventé, éprouvé et lu amplement, exhaustivement son époque, incarnant une espèce de néo-humain que nous admirons tous, quelque part. Je dois l'avouer, Bowie est une véritable inspiration pour moi, et ce même si, sa musique ne fut jamais parmi mes préférées. Au reste, ce n'est pas la première fois qu'un artiste me séduit avant son oeuvre. La même chose s'était produite avec Chopin... ceux qui veulent en savoir plus, c'est ici. 


samedi 16 janvier 2016

Prophétique David Bowie




Encore affecté par la nouvelle de son décès. Et me traverse le doux regret de ne m'être pas intéressé plus tôt à sa musique. En revanche, je sens qu'elle restera, là, en offrande pour rattraper le temps. 

La mort de David Bowie m'amène à voir d'un autre oeil ce que c'est que le génie. Comme pour le père qui, mort, devient plus présent que lorsqu'il  était vivant (dixit Freud), le génie commande son influence la plus probante après la mort de l'artiste. Ce qui me rappelle le récit de ces deux créateurs  : Schubert et Bizet. Mort à 31 ans, Schubert, qui vécut toute sa vie dans l'ombre de Beethoven, composa une oeuvre abondante (plus de mille compositions) qui, de son vivant, n'était connue que d'une poignée d'amateurs et d'amis. Il attendra 1827, l'année de la mort de Beethoven, pour achever sa Neuvième Symphonie ainsi que d'autres immenses chefs-d'oeuvres. L'année suivante, en 1828, Schubert mourait. Les deux, Beethoven et Schubert, sont enterrés l'un à côté de l'autre. Quant à Georges Bizet, il ne fut consacré qu'au lendemain de sa mort, à 36 ans. Celle-ci fut probablement accélérée, voire provoquée par les critiques dévastatrices de son opéra Carmen. À ses obsèques, on organisa une représentation de dernière minute, où acteurs et chanteurs, fort éprouvés, livraient une performance dont l'émotion était presque insoutenable. Quelques jours plus tard, la presse saluait le génie de Bizet, mort probablement de n'avoir pas été compris. 

D'ici les prochaines décennies se définira la véritable ascendance artistique et intellectuelle de David Bowie. Pour l'heure, l'entrevue que je partage ici — captée en 1999 — recèle chez le musicien des facultés prothétiques exceptionnelles. Il nous confirme d'autre part que l'intelligence, la vraie, est une chose sexy.