lundi 30 juillet 2018

Canicule corruptrice

Il me semble devoir réapprendre à lire. Parfois il me faut déchiffrer deux ou trois fois le même passage pour le comprendre. Depuis quelques semaines, mon abandon au texte est plus prudent, comme s'il représentait une menace à une certaine apathie. Si je ne m'inquiétais pas un tant soit peu, ce serait pire. 

En parallèle, je peine à terminer un livre. Je n'avais jamais connu cela auparavant, pas aussi fort en tous cas. C'est pénible, et pourtant la solution est simple : il suffit de lire le livre jusqu'au bout et voilà. Cependant, d'autres livres me toisent, exaltés, me suppliant de leur donner de mon silence. Je n'ai pas honte de ma faiblesse. 

La semaine de canicule qui a traversé la province au début juillet était l'une des pires choses que j'aie vécues depuis longtemps. Si bien que mes gestes et ma pensée tardent à reprendre leur cours normal. Depuis, les impondérables du quotidien me font violence plus que jamais, la compagnie de certains êtres aussi. L'instabilité est à la hausse, comme une inflation d'impatiences. 


Je crois que l’été ne me fait pas toujours du bien, il y a trop de chaleur, toute cette insistance ébranle le fond de la grotte séculaire où j'espérais trouver le silence et la paix. 

Demain est un autre jour, disait Scarlett. 

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