dimanche 29 mars 2026

Ma mère, Antonia Carcenac, nous a quittés le 8 janvier dernier, à 3 h 15 le matin. Malgré ses 85 ans, elle incarnait la typique jeune femme : pimpante, racée, désinvolte et spirituelle.

Plus que la tristesse, son départ marque pour moi le retour de merveilleux souvenirs. Et pourtant, j'éprouve comme un coup de couteau le bouleversement que sa mort cause dans notre famille. Imaginez un instant ses six enfants qui, du jour au lendemain, se retrouvent orphelins. Comment négocier un tel virage? Rien ne prépare un fils au départ de sa mère.  

Née le 9 avril 1940, à Santiago, Chili, d'un père français et d'une mère chilienne, ma mère est probablement la femme la plus heureuse que j'aie connue dans ma vie. À 18 ans, elle rencontrait mon père, son premier amour, de huit ans son aîné. À 20 ans, la naissance de son premier enfant, suivi d'un autre l'année suivante, et d'un autre. En 1964, elle en avait quatre. En décembre 1971, je venais au monde.

En 1976, ma famille et moi débarquions à Montréal. De nous tous, c'est ma mère qui s'adapta le mieux au Québec, sa langue, son hiver, ses gens. C'est comme si elle y avait toujours vécu. 
La plus grande fierté de ma mère : sa famille.

Sa deuxième plus grande fierté : d'avoir travaillé comme bénévole dans les hôpitaux, où chaque jour elle faisait la différence auprès des personnes âgées. 

Son plus grand regret : de n'avoir pas continué ses cours de piano après son mariage.

Sa pièce de musique préférée : la Danse hongroise no 5 de Brahms, mais aussi la Fantaisie pour piano à quatre mains de Schubert, et quelques classiques de la chanson (Adamo, Lucio Dalla, Raphael, Joan Manuel Serrat), sans oublier quelques classiques de la période disco, notamment I Will Survive (G. Gaynor) et Another Chacha (Santa Esmeralda).

Elle pouvait réciter de mémoire des dizaines de poèmes de poètes latino-américains. 

Dans les années 1990, ma mère séjournait quelques mois au Chili, au chevet de ses parents. Pendant cette période, c'était avant les courriels et l'Internet, elle et moi entretenions une correspondance intense.     

Femme intelligente et sensible, elle avait une foi inébranlable. Sa finesse d'esprit faisait d'elle une femme attachante, presque chatoyante. 
Ma mère a changé la vie de bien des gens. Elle savait écouter, conseiller, et trouver les mots justes, qui rassuraient immédiatement. Dotée d'une force sous-jacente extraordinaire, elle possédait un sens inné des choses du sacré, du respect de la vie, de l'amour tous azimuts. 

Gracias Mamy, quelle grande femme tu as été. Et quel grand honneur d'avoir été ton fils. inolvidable Mamy xox Je t'aime

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